Écrit le 8 août 2026
Sujet 4 sur 8 du plan du carnet
Faut-il une page par commune ? Ce que Google en pense vraiment
On vous a peut-être proposé une page par village, trente pages pour couvrir votre secteur. Avant de payer pour ça, lisez le relevé d’un site qui l’a fait — c’est le mien, et je l’ai réparé.
La question revient à chaque premier rendez-vous, et presque toujours dans les mêmes mots : « on m’a dit qu’il fallait une page par village, c’est vrai ? » Oui et non, et la différence entre les deux se compte en milliers d’euros.
Je ne vais pas vous répondre avec une théorie. Je vais vous montrer un relevé.
Le relevé : 47 clics en seize mois
Studio By KM est la marque sœur de By KMI — c’est l’autre activité de la maison, la photographie et la location de bornes photo. Son site avait été construit exactement comme on vous le propose sans doute : trente et une pages, une par commune, patiemment fabriquées.
En seize mois, l’ensemble de ces pages a rapporté 47 clics. Moins d’un clic par page, sur plus d’un an.
Pendant la même période, la seule page d’accueil du site en a rapporté 130. Une page, qui n’avait rien demandé à personne, contre trente et une construites pour ça.
Ce n’est pas que Google refuse les pages par commune. C’est qu’il n’avait aucune raison de préférer celles-là.
Les trois causes, une par une
Quand j’ai repris ce site, j’ai trouvé trois choses. Elles sont banales, et je les retrouve sur presque tous les sites d’artisans qu’on me demande de regarder.
Une même commune existait à trois adresses différentes. Trois pages, trois adresses, une seule recherche. Google ne sait pas laquelle proposer : au lieu d’en choisir une, il les affaiblit toutes les trois. Les trois plafonnaient entre la 20e et la 25e place — c’est-à-dire nulle part, puisque personne ne va en page deux.
Les pages étaient des copies les unes des autres. Les neuf mêmes photos revenaient sur quatorze pages, avec le nom de la commune remplacé. Lue seule, chaque page avait l’air écrite. Lues côte à côte, c’était le même texte quatorze fois.
Un sous-domaine était indexé en parallèle. Deux sites au lieu d’un, et la force du domaine coupée en deux. Personne ne l’avait fait exprès ; c’est un reste d’une ancienne installation que plus personne ne regardait.
Aucune de ces trois causes ne demandait d’écrire plus de pages. Les trois demandaient d’en écrire moins, et mieux.
Ce que Google demande, en fait
Google ne publie aucune règle qui interdise une page par commune. Ce qu’il écrit, et depuis longtemps, tient en une phrase : une page doit apporter quelque chose à celui qui la lit.
C’est un critère plus simple qu’il n’y paraît, et vous pouvez l’appliquer vous-même. Prenez deux de vos pages de commune, posez-les côte à côte, et masquez le nom de la commune. S’il reste deux textes différents, elles ont le droit d’exister. S’il reste deux fois le même texte, vous avez payé pour quatorze pages qui se font concurrence entre elles.
C’est exactement le test que je fais tourner avant chaque mise en ligne, et il est automatique : deux pages de commune qui partagent plus de 45 % de leur texte, nom de la commune retiré, arrêtent la fabrication du site. Pas un avertissement — un arrêt. Tant que la règle n’est pas tenue, il n’y a pas de site à mettre en ligne.
Les trois questions avant d’écrire une page de commune
Avant d’écrire une ligne, je pose trois questions. Si l’une des trois reste sans réponse, la page ne se fait pas.
- Est-ce que vous y intervenez vraiment, et régulièrement ? Une commune où vous êtes allé une fois n’est pas une commune où vous travaillez.
- Est-ce que quelque chose y est différent d’ailleurs ? Le type de bâti, les matériaux, l’accès, les délais, une réglementation locale, une saison qui décale les chantiers.
- Est-ce que vous avez un chantier, une photo ou un client à y montrer ? Pas obligatoire tout de suite, mais une page qui l’a vaut trois pages qui ne l’ont pas.
Un couvreur qui travaille sur un secteur où le bâti ancien impose la tuile canal n’écrira pas la même page qu’à dix kilomètres de là où les maisons sont neuves. Voilà ce qu’aucun de vos concurrents ne peut recopier : ce que vous savez du terrain parce que vous y montez.
Six communes, pas trente
Ce site-ci en prévoit six. Pas trente, pas cinquante. Six.
La raison est de bon sens. Ce domaine est neuf, il n’a aucune ancienneté aux yeux de Google, et sur un domaine sans ancienneté une page faible ne coûte pas zéro : elle affaiblit les autres. Dix pages solides valent mieux que trente pages moyennes. Sur un site déjà installé, on peut se permettre du remplissage ; au démarrage, non.
C’est la même logique qui vaut pour vous. Mieux vaut trois communes où vous êtes réellement chez vous, écrites en entier, que treize où vous n’avez rien à dire — quitte à en ajouter une chaque trimestre, quand vous avez de quoi la remplir.
Et si c’est déjà fait ?
Si vous payez déjà pour trente pages qui se ressemblent, elles ne sont pas perdues. La réparation est mécanique.
Chaque commune est ramenée sur une seule adresse, celle qui a la meilleure position. Les autres sont redirigées vers elle, de façon permanente, et lui transmettent le peu de force qu’elles avaient. Sur la refonte de Studio By KM, cela a représenté 121 redirections, vérifiées une par une par un test automatique — parce qu’une redirection oubliée, c’est un visiteur qui tombe sur une page d’erreur, et une position perdue pour de bon.
Ensuite seulement, les pages qui restent sont réécrites autour de ce qui est vrai localement. Dans ce cas précis, les salles de réception de chaque commune, leurs contraintes d’accès et d’électricité — une information qui n’existe dans aucun modèle de page, parce qu’elle vient du terrain.
Ce que ça ne fait pas
Je ne vous promets pas la première place, et personne ne devrait vous la promettre : c’est écrit noir sur blanc dans mes conditions générales. Ce que je peux vous dire, c’est ce qui est constaté — sur un domaine nouveau, il faut compter six à douze mois avant un effet mesurable. Un prestataire qui vous annonce des résultats en trois semaines vous vend soit de la chance, soit un problème pour plus tard.
Et une page de commune ne remplace pas la fiche Google. Chez un artisan, une partie des appels ne passe jamais par le site : le client appelle depuis la carte, sans être allé plus loin. C’est le poste le plus rentable et le plus négligé, et c’est aussi le seul dont le résultat se voit en quelques jours.
Alors, faut-il une page par commune ?
Une page par commune n’est ni une bonne ni une mauvaise idée en soi. C’est un outil qui marche dans un seul cas : quand la page dit quelque chose que vous êtes seul à pouvoir écrire.
Le jour où on vous propose trente pages par commune, posez une seule question : « qu’est-ce qui sera écrit dessus, exactement ? » Si la réponse tient en un modèle où l’on change le nom du village, vous savez maintenant ce que ça donne au bout de seize mois.
Si vous voulez que je regarde votre site et votre fiche Google, appelez-moi. Un quart d’heure suffit pour savoir si vos pages se battent entre elles, et je vous le dis aussi quand tout va bien.
Ce qu’il faut retenir
Une page par commune fonctionne quand elle dit quelque chose que vous êtes seul à savoir. Recopiée d’une commune à l’autre, elle abîme celles qui auraient pu remonter.
La suite du carnet
C’est le premier article du carnet. Les 7 sujets suivants sont déjà arrêtés, au rythme d’un toutes les deux semaines — la liste est publiée, elle aussi.Voir le plan du carnet →
Le relevé de votre site, gratuitement
Donnez-moi l’adresse de votre site. Je vous dis si vos pages se battent entre elles.